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«Faire de nécessité vertu»

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Avril 2013

«Faire de nécessité vertu»

Didier Saint-Georges

Didier Saint-Georges

Membre du Comité d'Investissement

La nécessité de restructurer le secteur bancaire chypriote était devenue inexorable depuis l'effondrement de la dette publique grecque à laquelle il est intimement lié. Elle a représenté une excellente occasion pour l'Union Européenne de poser une limite à l'acceptation de l'aléa moral. La punition est brutale, mais la solution d'un partage de la douleur avec les créanciers privés du secteur bancaire d'un pays de la zone, fût-ce des déposants, n´est-elle pas justifiée quand ces derniers sont principalement non-résidents, que le modèle du système bancaire est celui d'une place offshore, que le pays est aussi insolvable que ses banques et que le poids de son économie représente 0,1% du PIB européen ? C'est en tous cas ce que les marchés confirment : jusqu'à présent, le crédit interbancaire n'indique pas une forte augmentation du niveau de stress au sein de la zone euro. Le volcan de la contagion est resté endormi et le guet exercé par la Banque centrale européenne a pu rester remarquablement silencieux. Pour autant, la gestion de la crise chypriote a confirmé que le mode de résolution des crises dans la zone euro demeure très chaotique. Ce n'est guère rassurant quand l'impasse politique italienne soulève de nouveau la question du soutien conditionnel de la BCE. Et dans le même temps, l'aggravation du ralentissement économique européen repousse chaque jour un peu plus l'horizon du désendettement des pays du sud de la zone (voir notre Note de mars 2013 "All you need is growth"). Autant d’évènements qui, en ce premier trimestre, ont contribué à encore alourdir la barque européenne. Mais reconnaissons que l'éloignement du risque systémique depuis l'été dernier a pour l'instant passé avec succès son premier test. Ce confort justifie a fortiori de s’intéresser à ce qui se joue aujourd'hui aux Etats-Unis, au Japon ou en Chine, souvent aussi sous la force de la nécessité.

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La suite de la lettre

Le lourd prélèvement opéré sur les liquidités déposées dans les banques chypriotes (même limité aux montants supérieurs aux 100 000 euros garantis), ajouté au contrôle des capitaux mis en place dans le pays, créent un précédent redoutable.

La perspective d'un gouvernement technocratique temporaire en Italie annonce par ailleurs un gel des réformes qui avaient été engagées par Mario Monti. Ces développements assombrissent encore un peu plus l'horizon de la zone euro. Néanmoins ils ne nous semblent pas justifier à court terme un regain majeur d'aversion au risque. D'une part parce qu'une telle rechute de confiance ignorerait les ajustements réalisés dans les grands pays du Sud de l'Europe (songeons notamment qu'en dépit de la récession, le déficit budgétaire de l’Italie est désormais en deçà de 3%), et d'autre part parce que les marchés savent que Mario Draghi ne manquerait pas, s'il en était besoin, d'offrir au secteur bancaire les liquidités suffisantes pour éviter que des tensions similaires à celles du printemps 2012 ne resurgissent. En revanche, la crise chypriote renforce notre scepticisme sur la capacité du secteur bancaire européen à accélérer l'octroi de crédits aux entreprises. En effet, déjà entravées par leurs impératifs de désendettement, les contraintes de Bâle III et la faiblesse de la demande de crédit, voilà que s'ajoute pour les banques européennes la menace d'un affaiblissement de leurs bases de dépôts, que des clients inquiets du précédent chypriote pourraient désormais souhaiter limiter au minimum. Comment ne pas voir que les perspectives de redémarrage économique de la zone euro au second semestre 2013 sont encore affaiblies par cette nouvelle pierre dans le jardin bancaire ? D'autant qu'au même moment, la France, deuxième économie de la zone, commence à s'enfoncer dans la récession, sans perspective convaincante de remède.

  • DANS LE MONDE éMERGENT...
  • AUX ETATS-UNIS...
  • AU JAPON...
  • LE PANORAMA éCONOMIQUE GLOBAL S’AVèRE DONC TRèS CONTRASTé EN CE DéBUT D’ANNéE 2013.

STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT


Nouvelle faiblesse de l’euro

L’impasse politique italienne et la crise chypriote ont asséné un coup dur à l’euro qui a poursuivi sa baisse contre le dollar américain, en touchant son plus bas niveau depuis novembre dernier à 1,2751. Mais cette réaction s’inscrit aussi dans un contexte défavorable à l’euro : l’anticipation d’un écart de croissance de plus de 3% pour le premier trimestre 2013 et le différentiel de taux longs de 60 points de base en faveur des Etats-Unis, un écart historiquement rare. Notre exposition au dollar a été renforcée respectivement à 70% et 77% dans Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement. Nous avons maintenu notre couverture intégrale sur le yen en attendant la première réunion de la Banque du Japon au début d’avril, qui devrait annoncer des mesures d’augmentation du programme d’achat d’actifs, dont l’un des effets sera de déprécier la valeur du yen.

Pression sur les taux périphériques et le crédit

Bien que les taux des emprunts d’Etat espagnols aient su résister aux tensions sur la dette souveraine italienne, ils ont été affectés par le regain de défiance général provoqué par l’effondrement des banques chypriotes. Les portefeuilles taux de Carmignac Sécurité et Carmignac Patrimoine ont légèrement pâti des écartements des spreads souverains et crédit pendant cette période d’aversion au risque alors que dans le même temps Carmignac Capital Plus a pu bénéficier de ses différents moteurs de performance dans un contexte de taux volatil. Nous anticipons néanmoins que cet épisode se solde par un durcissement de la hiérarchie des émetteurs, ce qui favorisera nos positions, concentrées sur les meilleures signatures. La sensibilité dans nos portefeuilles a été maintenue à des niveaux modérés, les emprunts d’Etat américains et allemands ayant déjà atteint des niveaux de prix élevés. Ainsi à fin mars la sensibilité de Carmignac Patrimoine s’établissait à 3,19, celle de Carmignac Global Bond à 5,74 et celle de Carmignac Sécurité à 2,06.

Les marchés américain et japonais continuent leur poussée

Le marché américain se distingue des marchés européens par une hausse de 3,6% sur le mois, tutoyant le plus haut niveau de l’indice américain (S&P) depuis 2007. Les pays périphériques, sur lesquels notre exposition en actions reste faible, ont été pénalisés par l’aversion au risque ainsi que par des résultats macroéconomiques décevants. Le marché actions japonais a offert une performance très honorable de 7,25% sur le mois de mars, reflétant une confiance croissante des investisseurs dans la politique de reflation annoncée par le Premier ministre Shinzo Abe. Nos Fonds globaux Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement ont ainsi renforcé leurs positions dans les deux zones où la dynamique actuelle est la plus favorable : les Etats-Unis et Japon.

Vers une réorientation des thématiques

Si le marché continue d’espérer, probablement de manière un peu trop optimiste, une reprise vigoureuse de la demande de matières premières, les freins puissants demeurent : la nature de la croissance chinoise, une croissance globale encore médiocre et des niveaux de stocks élevés. Face à cette évolution difficile, nos Fonds ont reconcentré leurs positions depuis plusieurs mois sur les ressources naturelles offrant des dynamiques plus favorables, comme l’énergie aux Etats Unis, notamment l’énergie non conventionnelle, les sociétés de stockage et transport, les sociétés chimiques et les raffineurs qui bénéficient d’une composante coût énergétique désormais bien moins chère. Nos Fonds globaux Carmignac Patrimoine et Carmignac Investissement ont procédé ainsi à la cession partielle des mines aurifères dont le coût d’opportunité était devenu trop élevé. Carmignac Commodities affiche une hausse de 0,23% sur le mois.

Allocation d’actifs

Nos Fonds de Fonds ont enregistré des performances positives sur la période. En revanche, une exposition un peu trop prudente en fin de mois et une contribution négative des portefeuilles européens ne leur ont pas permis de surperformer leurs indices de références. L’exposition aux actions à la fin du mois s’établit respectivement à 36,9%, 25,8% et 17,9% pour Carmignac Profil Réactif 100, 75, et 50. L’exposition de Carmignac Investissement Latitude est de 50,5%.


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